Historique du haut Poitou
LAVIGNE, LE VIN,
LA PRODUCTION NOBLE DE NOTRE TERROIR
Depuis quand cultive t'on la vigne en Poitou ? Sans doute depuis bien longtemps. On sait qu'à partir de l'an 282, l'empereur Probus leva l'édit qui jusque là, interdisait la plantation au nord de la Gironde.
Pourtant dès l'Antiquité, le vin est synonyme de convivialité. Déjà, dès le IVe, le christianisme le compara au sang du Christ.
Au cours des siècles suivants, la présence de nombreuses abbayes et communautés religieuses dans notre Poitou et autour de Poitiers principalement, a contribué à l'expansion du vignoble.
C'est au XIIe siècle avec Aliénor d'Aquitaine, Reine de France de part son mariage avec Louis VII et ensuite Reine d'Angleterre dans son second mariage avec Henri II Plaptagenet, mais qui conservera sa vie durant son comté du Poitou (son père Guillaume X d'Aquitaine, comte de Poitiers avait épousé Aurore de Châtellerault), que le vin du Haut-poitou atteindra sa plus haute renommée. Elle fera même la promotion de ce vin léger en Grande Bretagne.
Le XIVe siècle voit le grand succès du vin de Marigny-Brizay qui se vend à des prix considérables et rivalise avec les plus grands crus, gràce principalement à la nature des sols et à l'exposition de ses coteau. Mais, lors de la guerre de cent ans, avec Du Guesclin et sa haine pour les Anglais, arrivent la pénurie et la famine. Les cultures sont saccagées. La vigne est délaissée.
Il faudra attendre le XVIIIe siècle, pour revoir la prospérité dans notre région. La vigne devient la principale ressource des paysans. Le cep le plus prisé est le Pinot mais on cultive aussi la folle blanche. A cette époque, les ceps se trouvent en végétation libre à ras du sol à quatre arçons en éventail. Ils étaient malheureusement à la merci des intempéries, les raisins à même le sol pourrissaient avant de mûrir.
Les vendanges proprement dites relevaient d'une pratique féodale. Il semble qu'il en soit encore ainsi de nos jours. Le “ban” avait pour but d'éviter le ramassage du raisin avant sa maturité et surtout d'obliger les vignerons à payer la dîme au seigneur.
En 1874, la production était estimée dans notre commune à 2 200 hl 1'An.
Vers 1878, ce fut la catastrophe, l'apocalypse pour la vigne avec l'arrivée en Poitou du phylloxéra. En cinq années le vignoble est entièrement détruit. Toutes les tentatives de lutte sont vaines. Il faut arracher.
En 1890, il ne reste pratiquement plus rien du beau vignoble Neuvillois. C’est à nouveau la misère, l'érode vers les villes. Les pouvoirs publics encouragent à trou- ver de nouveaux plans de remplacement ; la plantation des plans américains tels que l'Othello et le Noah est préconisée. Le greffage donne des résultats satisfaisants.
Au début du XXe siècle, de nouveaux cépages font alors leur apparition : la Folle, le Chenil, le Sauvignon et le Sémillon pour les blancs ; le Pinot, le Cabernet, le Chenin noir et le Gamay pour les rouges.
Pendant la guerre 1914-1918, les problèmes renaissent. Les hommes ne sont plus là pour entretenir le vignoble, faire les traitements nécessaires.
En 1920, Avaliste Creuzé, membre de la société d'Agriculture, Belles Lettresy Sciences et Arts de Poitiers, prône une autre politique pour le vignoble. A ses yeux, seuls les hybrides tels que les Seibels sont crédibles. Mais la qualité et la longévité de ces variétés s'annonceront vite discutables.
Après la seconde guerre mondiale, Gérard Marot, autre compétence viticole, encouragera lui aussi la plantation des hybrides tels les bacon, les gaillards, les ceps Villard, les 54/55, le Léon Millot....La production devint conséquente, souvent plus de 100 hectolitres à l'hectare.
Revirement de situation dans les années 1960 ; les hybrides deviennent prohibés.
La commercialisation de ces vins est interdite. Seuls quelques pieds d'Othello ou de 54/55 subsistent encore pour une consommation personnelle.
Notre vignoble s'étend actuellement sur 120 hectares. Le vin qui émane de cépages nobles tels que Sauvignon, Pinot Chardonnay, Chenin pour les blancs ; Gamay, Cabernet, Pinot noir pour les rouges est d'excellence qualité et apprécié partout en France mais aussi à l'étranger. Peut-être même encore à la cour d'Angleterre ?
La richesse du sol de notre Haut-poitou, argile-calcaire, bénéficie d'un micro- climat favorable à la viticulture ; moins sec qu'en Aquitaine et plus ensoleillé qu'en Touraine.
Nos vignerons sont des hommes passionnés par leur métier. Le label VDQS qu'ils ont obtenu valorise leurs produits. Les distinctions qu'ils reçoivent lors de foires aux vins, dont celle prisée de Paris, sont pour eux la meilleure des publicités. Pour notre plus grande fierté aussi.
NB : réaliste Creuzé et Gérard Marot étaient des Igny Marins.